Revaloriser l’apprentissage …C’est le réserver aux meilleurs !

Comment revaloriser une filière de formation délaissée par les élèves… et leurs parents? Comment les convaincre de faire le choix de l’apprentissage ? La question du « déficit d’image » de l’apprentissage est posée depuis plusieurs décennies. Interrogé à ce sujet le 30 aout 2017 sur France inter, Antoine Frérot, PDG de Véolia, s’est trouvé pris de court ; ses propos hésitants l’ont entraîné dans une polémique  qui confirme, s’il en était besoin, que pour de nombreux français l’apprentissage, c’est sans doute très bien …mais c’est encore mieux pour les enfants des autres que pour les siens.

La coutume veut que les gouvernements successifs se fixent des objectifs de quantité. L’année 2018 n’échappe pas à la règle ; la ministre chargée du travail a annoncé un objectif de 500 000 contrats d’apprentissage. Pourquoi 500 000 d’abord ? On ne sait pas trop ; mais pourquoi pas. C’était déjà l’objectif en 2005… Mais surtout, quel objectif poursuit-on ? Car on sait bien que quantité ne rime pas forcément avec qualité ; les deux ont même spontanément tendance à s’opposer… D’une façon générale «  ce qui est rare est cher » ; c’est comme ça.

Un niveau académique suffisant

C’est sans doute une erreur d’associer un objectif qui relève de la  politique générale de lutte contre le chômage à un objectif  de revalorisation de l’image de l’apprentissage ; car si l’on veut faire, honnêtement, sans arrière-pensée, de l’apprentissage une « filière d’excellence », alors il faut la réserver aux meilleurs. Comment faire ? Il suffit de s’inspirer de la recette suivie depuis toujours par les grandes écoles : n’orienter vers l’apprentissage que les bons élèves, ce qui revient de facto à en exclure ceux qui ne possèdent pas un niveau académique suffisant. On n’aura certes pas apporté de réponse à la question lancinante des jeunes en situation d’échec scolaire – ils relèvent, au moins dans un premier temps, d’autres dispositifs d’enseignement et de formation– mais au moins, on aura réglé le problème de l’apprentissage .

On peut même rêver. Car quand on aura restauré l’image de l’apprentissage, il y a de fortes chances qu’on atteigne de surcroît des objectifs quantitatifs auxquels on ne croyait plus.

Deux filières pour une même exigence

En France, deux filières d’accès aux diplômes à finalité professionnelle coexistent: la voie du statut d’élève dans le système scolaire classique public ou privé et la voie du statut de salarié sous contrat de travail de type particulier –le fameux contrat d’apprentissage– avec une partie du temps passée sur le poste de travail et l’autre sous la forme de cours dispensés dans les CFA.                                 A noter que dans ce contexte, la revalorisation de l’apprentissage signifie aussi qu’il faut veiller à ce que, pour un même diplôme (CAP, bac pro, voire au-delà), le contenu et le niveau des enseignements dispensés dans les CFA soient  réellement équivalents à ce qu’il sont dans les lycées professionnels. Et  les modalités de délivrance des diplômes doivent être analogues, de sorte qu’il ne puisse coexister une filière « exigeante » et une autre réputée « plus accessible ».


Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s